Je suis né dans une île amoureuse du vent...

Bonjour à tous.

C’est moi : jp

Je suis né dans une île amoureuse du vent…

Je suis Martiniquais et je vis au pays.

Voyages, culture, musique : tout m’intéresse, d’ici ou d’ailleurs.

J'aime : la cuisine de mon pays, lire un bon livre, le zouk et le blues, la biguine et le gwoka...


Eternel actif, je rêve de satisfaire mes passions d'humaniste et mon envie d'être utile.


Ma devise : "Exister est un fait, vivre est un art" (Frédéric LENOIR)




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jeudi, mai 03, 2012

LA PEINTURE EN MARTINIQUE


En ces temps incertains, c’est à un petit voyage au monde de l’art et de la peinture que je vous invite aujourd’hui,  pour élever nos âmes.

TROIS TABLEAUX DES ENFANTS DU PAYS MARTINIQUE 

Elever nos âmes, au moyen de trois tableaux produits, réalisés dans notre « petite » île, par des enfants du pays Martinique, qui ont eu tous les deux un impact au dehors :

* Paule CHARPENTIER d’abord, dont le style s’apparente à l’impressionnisme. Née JACQUES –JOSEPH à Fort de France en 1910 et décédée en 2004, elle fut  l’épouse d’Hector CHARPENTIER lui aussi peintre autodidacte. Elle a senti l’âme du pays dont elle a su représenter les mouvements de liesse populaire.

* Alexandre BERTRAND ensuite, né au Morne des Esses en Martinique en 1918. Son parcours l’amena à Paris où il rencontra une jeune roumaine, Anca IONESCU (Anca BERTRAND) avec laquelle il rentra en Martinique. En 1967, il partit pour le Canada, pays dont il prit la nationalité. Décédé en Martinique en 1995.

Sans doute les experts ou les spécialistes en art auraient-ils choisi des productions artistiques plus récentes.

Mais, en ce qui me concerne, je dois bien vous avouer une fois encore mon goût pour les œuvres disons figuratives…

C’est d’un très bel ouvrage, intitulé « La peinture en Martinique », paru en 2007 à HC Editions, réalisé sous la direction de Gerry L’ETANG et préfacé par Alfred MARIE-JEANNE, que j’ai tiré cette substance, à travers 3 tableaux intitulés :

  •  Bal à la campagne
  •  Bèlè
  • Le vidé du carnaval.

LA MARTINIQUE DE LA JOIE

A ces seuls énoncés, les plus perspicaces d’entre vous auront déjà reconnu mon parti pris festif, puisque ces trois œuvres nous montrent, au fond, la Martinique de la joie :


Bal à la campagne par Alexandre BERTRAND



Bèlè par Paule CHARPENTIER



Le vidé du carnaval par Paule CHARPENTIER



Pour ma part, le thème de « Bal à la campagne » m’a fait penser à « la kermesse » de Rubens. Vous savez : ce tableau représentant une scène champêtre où des paysans font joyeusement et furieusement la fête. Mais avec cependant, dans cette campagne martiniquaise, une certain élégance que l’on devine chez les personnages.

Le second tableau, "Bèlè", représente le joyeux face à face de la femme et de l’homme, avec, me semble-t-il, beaucoup d'amour de la vie.

Enfin, "Vidé du carnaval" dégage, à mon avis, par son foisonnement de couleurs, un extraordinaire appétit de vivre qui habite ces femmes et ces hommes emportés par la danse.

Sur ce salut à la peinture de Martinique, je vous souhaite, je nous souhaite à tous , quoiqu'il arrive : un bon mois de mai.

Et comme on dit chez nous : A +

Jean-Pierre MAURICE

mardi, avril 17, 2012

DANMYE : J'ADORE !

C’est d’une belle soirée, passée à Fort de France, que je vais vous parler aujourd’hui : une swaré bèlè.

A vrai dire, je suis assez ému en m’installant devant mon clavier, car mon « papier » est attendu.
Attendu par mon ami Claude. Mon ami Claude qui m’a fait plaisir en me confiant ses -belles- photos réalisées ce soir là sous le grand marché de Fort de France. Mon ami Claude qui doit se demander à quelle sauce je vais bien pouvoir assaisonner ses magnifiques clichés.

Le bèlè (photo : Claude Jean-Baptiste)

   
Une soirée bèlè y était organisée, donc. Mais je vais vous confier un secret : pour ma part ce soir là, seul le damyé était dans mon cœur.

Derrière la scène, en hauteur : un drapeau rouge-vert-noir.

Et sur la scène : le tambour.

Danmyé : face à face (photo : Claude Jean-Baptiste)


Dans son livre « Esquisses martiniquaises », Lafcadio Hearn, qui vécut intensément, entre Etats-Unis et Japon, une période martiniquaise de 2 ans environ avant l'éruption de la montagne Pelée, présente ainsi le bèlè, ressuscitant du passé cette vision de chez nous :

« … les anciennes danses africaines la caleinda et la bélé …se dansent le dimanche au son du tambour dans presque toutes les plantations de l’île… l’instrument s’appelle aussi souvent un ka, parce qu’on le fait d’un quart de tonneau, en patois ka.

Nu jusqu’à la ceinture l’habile joueur de tambour chevauche son instrument, et joue simultanément des deux mains… Parfois il appuie le talon soit légèrement soit fort contre la peau, de façon à produire des changements de ton…. Le bruit du tambour lui-même, bien joué, exerce un pouvoir farouche qui produit et domine toute l’exaltation de la danse ; c’est un roulement double et compliqué qui s’élève et retombe d’une façon très particulière…
Il y a paraît-il plusieurs façons de jouer, des rythmes différents familiers à tous ces gens de couleur, mais que les étrangers ne distinguent qu’avec peine.
Et il y a parfois de grands concours entre des tambouyés célèbres. « 

Vous l’avez sans doute compris, le tambour bèlè de la Martinique est authentiquement martiniquais.  Et on assiste à un regain de cette part de la culture de l’île.

Certains même disent que l’espri danmyé, qui suppose travail, respect des règles et force mentale, est un antidote à la décadence de la société martiniquaise.

Pour ma part, plus qu’au bélè, c’est au danmyé que va ma préférence.

Le danmyé, cette danse « de combat » au son du tambour.

Danmyé : esquive et feinte (photo : Claude Jean-Baptiste)


Toute la famille du danmyé était là ce soir là.
 Et les combattants, 2 par 2,  ont régalé l’assistance de nombreux combats dont un de femmes.
Feintes, esquives, coups de pied, balayages, et même lévé fessé : 

Danmyé : lévé fessé (photo : Claude Jean-Baptiste)


C’était ce soir là, lawonn danmyé.

Et comme on dit chez nous : A +

Jean-Pierre MAURICE

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